Présentation de la filière BL
 
Présentation générale


Les classes préparatoires d’hypokhâgne (1ère année) et de khâgne (2ème année) appelées à l’origine « khâgnes scientifiques » et aujourd’hui « khâgnes BL » ont été créées il y a une trentaine d’années pour préparer uniquement le concours Sciences sociales de l’École Normale Supérieure d’Ulm.

Mais cette formation d’excellence a rapidement intéressé d’autres écoles, et les débouchés sont aujourd’hui nombreux et variés. Le concours de l’ENS Ulm reste cependant le concours phare de la filière, et la scolarité en BL (disciplines étudiées, horaires et esprit culturel des enseignements, niveau particulièrement élevé) est calquée sur l’organigramme et sur les exigences de ce concours prestigieux. De ce fait, la filière BL est une filière « d’humanités modernes », formant des généralistes de haut niveau, qui présente plusieurs particularités : d’abord l’équilibre entre les enseignements littéraires et scientifiques (Mathématiques, Sciences sociales - c’est-à-dire sociologie et économie -, Histoire, Philosophie, Français, Langues vivantes, éventuellement géographie ou latin). Ensuite l’égalité d’importance entre les disciplines : les horaires d’enseignements des différentes disciplines sont assez comparables et celles-ci ont toutes ont un poids identique dans la scolarité.

Enfin, le caractère réellement culturel de la formation : chaque discipline est étudiée dans la perspective qui lui est propre. Ainsi, les mathématiques ne sont pas des mathématiques appliquées aux Sciences sociales, mais ont pour but de former les étudiants au raisonnement, à la rigueur et à la précision, tout en leur permettant d’acquérir la maîtrise des outils mathématiques, indispensables notamment en économie ; l’Histoire n’est pas de l’histoire économique mais a pour ambition de transmettre aux élèves une authentique culture historique et les modes de raisonnements propres à l’Historien ; il en va de même pour la géographie ; la littérature ne se limite pas à l’étude de quelques œuvres précises mais en l’étude systématique des trois grands genres littéraires – roman, théâtre, poésie – ; le programme de philosophie est très général (c’est le programme de terminale, qui n’impose que des thèmes généraux d’étude): le but est d’apprendre aux élèves à étudier un problème donné dans une perspective philosophique ; les langues vivantes abordent à la fois les questions de civilisation, d’histoire ou de littérature des pays dans lesquels est parlée la langue étudiée (par exemple Espagne et Amérique latine pour l’espagnol).






Cette pluridisciplinarité couplée au niveau d’exigence élevé de ces classes font de la filière BL une filière difficile, mais extrêmement formatrice. C’est la raison pour laquelle les débouchés se sont multipliés et permettent aux étudiants d’intégrer aussi bien une ENS, qu’une école de commerce, un IEP ou même une école d’ingénieurs. Cette formation s’adresse donc aux bacheliers présentant un profil équilibré et une grande capacité de travail. Elle est ouverte aux lycéens issus de terminale S, mais également de ES et de L (avec la spécialité mathématiques dans ce dernier cas).

Outre l’avantage de préparer à des concours nombreux et variés, la filière BL est d’abord une classe apportant aux élèves des méthodes de travail, l’habitude d’un rythme soutenu, mais surtout la capacité d’analyser et de comprendre un problème sous des angles complémentaires. Le recul que donne une authentique culture historique, la maîtrise des différents modèles économiques, la compréhension globale des sociétés apportée par la sociologie, la rigueur enseignée par les mathématiques, la maîtrise de l’outil mathématique en lui-même, l’habitude du questionnement philosophique, la maîtrise du sens des mots, de la précision du langage qu’apporte la littérature, la connaissance d’une, voire de deux langues étrangères, mais aussi de la culture des pays où elles sont parlées, sont autant de clés qui permettent de comprendre un monde de plus en plus complexe, et évoluant de plus en plus vite. Il n’est donc pas très surprenant que les élèves de BL intéressent tant de Grandes Écoles, et que les débouchés de la filière se soient tellement diversifiés.

On trouve aujourd’hui d’anciens élèves de BL dans des professions aussi différentes que l’enseignement, la recherche (dans toutes les disciplines enseignées en BL, mathématiques comprises), la communication, le journalisme, la diplomatie, la haute fonction publique, les fonctions de direction ou de management des grandes entreprises privées ou publiques… Un nombre significatifs poursuivent en outre leurs études en Europe. Cette diversité exceptionnelle constitue sans doute la meilleure preuve de la réussite d’une filière créée il y a seulement trente ans pour recruter des normaliens ayant une formation de base en Sciences sociales.
 
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